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enfants

  • A LA PLACE DES MUNICIPALES

    Je lui fais les yeux doux.

    Je murmure :

     "Je te promets, c'est un énooorrmmme secret, chut !"

    Je vois la lueur amusée dans son oeil.

    Il sait.

    Il réprime le rire dans sa gorge.

    Il s'approche. Son corps est tendu par l'excitation du jeu.

    Il me toise s'efforçant de garder son sérieux.

    Je ne bouge pas, mon visage porte une expression grave.

    Un très grand secret couve.

    Je colle ma bouche contre son oreille.

    Très vite, je le saisis.

    Je bloque ses bras autour de lui, les miens sur les siens.

    Je le couvre de bisous.

    Il hurle de rire.

    Il se démène.

    Je le plaque au sol.

    Je l'embrasse encore.

    Nous sortons rouges tous les deux de l'échauffourée.

    Il se relève, boudeur.

    Il fait mine de s'être fait rouler.

     

    Et je recommence à chaque fois que je le vois.

     

    Câlins d'une tante à son petit neveu ...

     

     

  • S'ENFUIR...OU MOURIR

    Un homme court, un bébé dans les bras,  sa main tient fermement un garçon d'une dizaine d'années, derrière eux, un autre enfant, seul, dans la course ou arrêté...

    Le visage crispé de ce père.

    Sa souffrance.

    Et cet enfant isolé, au milieu.

    Dans le wagon du métro, je ne distingue pas le texte, je regarde la photo du journal, par dessus l'épaule de mon voisin, sans aucune discrétion.

    Choquée, je ne parviens pas à détacher mes yeux de ce cliché.

     

    Le kénya.

     

    Tout a basculé.

    Je n'avais rien lu qui aurait pu laisser présager cette violence.

    Des tensions politiques, tout au plus.

    "On" lit tout et rien sur tout.

     

    Personne ne parle des enfants.

     

     

    Les enfants sont sages comme des images.

    Ils aiment tellement les regarder,

    les images.

    Celles qui passent dans les yeux de ces petits kényans,

    en ce moment,

    elles ne passeront jamais.

     

    Les hommes tuent l'enfance.

     

    Et nous nous regardons.

     

    Ces images là.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Tabou

    Un conflit sans nom.

    Un pays avec deux noms.

    Une guerre sans limite.

    Un pays délimité par un mur.

     

    Qui peut écrire ou dire sans être accusé de parti pris ?

    Le mur de la honte.

     

    Les enfants y meurent.

    Le choeur des religions manque singulièrement de coeur.

     

    La richesse des villes a fait place aux cailloux.

    Les cailloux font face aux armes.

     

    Le choeur des religions chante des larmes.

    Les larmes des armes et des cailloux.

     

    Les maisons redeviennent poussière,

    des pierres et des cailloux.

     

    Un mur de pierre,

     

    Qui nous mure dans le silence...

     

    d'un coeur de pierre.

     

     

     

     

     

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