Avertir le modérateur

Amour

  • A LA PLACE DES MUNICIPALES

    Je lui fais les yeux doux.

    Je murmure :

     "Je te promets, c'est un énooorrmmme secret, chut !"

    Je vois la lueur amusée dans son oeil.

    Il sait.

    Il réprime le rire dans sa gorge.

    Il s'approche. Son corps est tendu par l'excitation du jeu.

    Il me toise s'efforçant de garder son sérieux.

    Je ne bouge pas, mon visage porte une expression grave.

    Un très grand secret couve.

    Je colle ma bouche contre son oreille.

    Très vite, je le saisis.

    Je bloque ses bras autour de lui, les miens sur les siens.

    Je le couvre de bisous.

    Il hurle de rire.

    Il se démène.

    Je le plaque au sol.

    Je l'embrasse encore.

    Nous sortons rouges tous les deux de l'échauffourée.

    Il se relève, boudeur.

    Il fait mine de s'être fait rouler.

     

    Et je recommence à chaque fois que je le vois.

     

    Câlins d'une tante à son petit neveu ...

     

     

  • CONTE DE LA FOLIE PAS ORDINAIRE

    J'ai imaginé une histoire à partir d'une bien cruelle réalité.

    Qui sait si un jour, nous ne serons pas les invité(e)s ou bien pire ...

     

    Ils s'étaient connus dans un café sur les quais. Les propos échangés, au cours des rencontres, avaient suffi à les convaincre de leurs affinités respectives.  

    Elle était blonde, la quarantaine, rayonnante. Lui, grisonnant devait avoir dépassé la cinquantaine. Ils s'étaient déjà vus plusieurs fois, elle le trouvait intelligent, mystérieux. Il s'appelait Carlos, elle adorait les prénoms latino. Elle était très vite tombée sous son charme.

    Ce soir là, ils s'étaient donnés rendez-vous dans un petit restaurant près de Bastille. Des musiciens jouaient des vieux standards, sous les vivas des clients, échauffés par l'alcool. Tous les deux avaient bu plus que de raison, grisés par leur tête à tête dans l'ambiance survoltée. Ils étaient repartis, sans avoir remarqué le serveur baillant et avachi sur son balai. Autour d'eux, les chaises étaient posées sur les tables.

    Ils titubaient,  elle s'était laissée guider par la main de Carlos. Elle avait ignoré la route, elle suivait ses pas.

    Ils pénétrèrent dans un endroit totalement obscur. Elle dut se baisser pour y entrer. Elle allait vivre le premier moment d'intimité avec cet homme. A cet instant, il s'était plaqué contre elle et ils s'étaient embrassés.

    Elle fut réveillée par une clarté étrange, la tête dans un étau, une luminosité rouge autour d'elle.

    Tout à coup, une lueur agressive, un flash l'avait à moitié aveuglée.

    Elle était morte et traversait le fameux tunnel...

    Elle avait été assassinée, un cauchemar …

    Elle avança sa tête vers l’extérieur, les yeux plissés par l'intensité de la lumière.

    La caméra d'une télé régionale......

    Filmée sous une tente, au bord des quais.......

    L'amour QUECHA*.

    L'urbanisme de demain.

    Le cauchemar.

    *marque déposée des jolies tentes rouges qui abritent les sans-domicile fixe.

  • LA TRAGEDIE SUBLIME L'AMOUR

    Le temps est décalé par la passion, Tic, tac, tic, tac... 

    La dulcinée tue l'élu de son coeur ou vice(s) et versa.

     

    Dans une ferme du Poitou
    Un coq aimait une pendule
    Tous les goûts sont dans la nature...
    D'ailleurs ce coq avait bon goût
    Car la pendule était fort belle
    Et son tictac si doux si doux
    Que le temps ne pensait surtout
    Qu'à passer son temps auprès d'elle

    Dans une ferme du Poitou
    Un coq aimait une pendule
    De l'aube jusqu'au crépuscule
    Et même la nuit comme un hibou
    L'amour le rendant coqtambule
    Des cocoricos plein le cou
    Le coq rêvait à sa pendule
    Du Poitou

    Dans une ferme du Poitou
    Un coq aimait une pendule
    Ça faisait des conciliabules
    Chez les cocottes en courroux
    "Qu'est-ce que c'est que ce coq, ce cocktail
    Ce drôle d'oiseau, ce vieux coucou
    Qui nous méprise et qui ne nous
    Donne jamais un petit coup dans l'aile?"

    Dans une ferme du Poitou
    Un coq aimait une pendule
    Ah, mesdames, vous parlez d'un Jules!
    Le voila qui chante à genoux
    "O ma pendule je t'adore
    Ah! laisse-moi te faire la cour
    Tu es ma poule aux heures d'or
    Mon amour"

    Dans une ferme du Poitou
    Un coq aimait une pendule
    Il est temps de venir à bout
    De cette fable ridicule
    De cette crête à testicules
    Qui chante l'aurore à minuit
    Il avance ou bien je recule
    Se disait notre horlogerie

    Qui trottinait sur son cadran
    Du bout de ses talons aiguille
    En écoutant son don Juan
    Lui seriner sa séguedille
    Pour imaginer son trépas
    Point n'est besoin d'être devin
    La pendule sonne l'heure du repas
    Coq au vin

    Dans une ferme du Poitou
    Un coq aimait une pendule...

     

    Claude Nougaro

     

    Magnifique.

     

     

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu