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LE FEU

Je sais, toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire.

Je sais que je m'aventure sur un terrain glissant.

Je vais choquer.

Je m'en fiche.

Retour en arrière.

En 2005, j'ai 20 ans, j'habite à Clichy.

Oui, je mets le feu, je casse tout, je me déchaîne contre l'injustice.

Je m'en fiche de à qui et à quoi, ma colère est aveugle, contenue par les humiliations, elle doit sortir.

Elle explose.

En 2005, "on m'a menti".

En 2007, "j'écoute, j'ai toutes les raisons d'avoir des doutes"...

J'explose tout à nouveau, sans savoir vraiment,

je ne les crois plus,

j'en ai trop entendu, trop vu...

Je les préviens,

n'allez pas trop loin.

En 2007, j'ai compris

que l'assassin désigné par la bouche d'un Président

est un mensonge d'Etat pour "gagner" des élections,

que la voyoucratie est assise sous les lambris dorés.

Je mets le feu à la vie,

à une vie de mensonges.

"Ils" sont déjà allés trop loin.

Beaucoup trop loin ...

A 20 ans, je réduis en cendres

mes doutes.

Je vais très loin,

moi aussi.

Comme eux.

Commentaires

  • Ce billet complète parfaitement celui de Fontenelle. Lui évoque plutôt la sourde oreille de la droite au pouvoir et sa mauvaise foi, le tout conduisant à la situation que vous évoquez.

    En résumé : un extrémisme (l'indifférence au mieux, le mépris, au pire, du pouvoir, quelle que soit son étiquette du moment, du reste) en fait naître un autre (celui de la violence aveugle engendré par tant d'abandon).

    Vous avez eu le courage de rédiger et de diffuser un texte âpre, qui ne juge pas, mais fait le constat des dégâts.

    En effet, en arriver là, c'est autre chose que de la simple "voyoucratie", comme certains aimeraient décrire caricaturalement ce qui se passe.

    Les mêmes qui se gaussent de la police de proximité, claironnant que les policiers ne sont pas des éducateurs. Ils sont incapables de voir que précisément, puisque les rapports entre la police et, en particulier, les jeunes des quartiers sensibles de banlieues sont tendus, une manière d'essayer de réduire les éléments de méconnaissance et de méfiance mutuelles au coeur de ces difficultés était de trouver une occasion de faire se rencontrer les uns et les autres dans des activités communes. Pour qu'ils apprennent à se connaître, à voir en l'autre autre chose que la caricature qu'ils ont en tête et qui autorise la violence des deux côtés comme moyen d'action. Ce n'est pas avec les éducateurs que le problème se pose, mais bien avec la police. Et nous avons un président qui n'est pas capable de réfléchir au bien fondé de cette idée. C'est lamentable.

  • "Ces évènements n'ont RIEN à voir avec une crise sociale !"

    C'est dit, répété, asséné. Et repris.
    "On" dit toujours ce que ça n'est pas, rarement ce que c'est.
    On dit "pas du social, pas l'environnement" ; alors quoi ?
    On sait bien que Bourdieu est mort. Son habitus devait faire en sorte, qu'un jour, il mourrait...
    Il faut "s'amuser" à poser la question : "alors quoi ?". Peu de réponses claires.
    Sarkozy a glissé "immigration" hier soir. Ha, enfin... Mais encore..?
    Dites-le.

    "Ce n'est pas avec les éducateurs que le problème se pose, mais bien avec la police" ;
    C'est juste.

    Laurent Mucchielli disait dernièrement qu'il ne s'agit pas, d'abord, d'une faillite de la politique de la ville, mais d'une faillite du maintien de l'ordre, de la police.
    La distortion réside dans le fait qu'il s'agit, d'un côté, d'une faillite du maintien de l'ordre (Mucchielli) et de l'autre, face gouvernement, du pouvoir d'une "voyoucratie", et son éradication par la répression policière. Une faillite/une solution.
    La faillite continue.

    http://laurent.mucchielli.free.fr/

  • Off

    Un Président qui ne "veut pas" réfléchir parce que ce n'est pas son intérêt.

    f

    La violence du feu brûle la violence des mots. Une stigmatisation orchestrée qui pue la haine savamment dirigée. Envie de brûler ma télé ....

  • Je récupère ta télé, si tu veux bien...

  • f

    Et la redevance... Une déclaration s'impose, l'honnetêté prônée par notre Président, je n'y dérogerais pas quand on a la chance d'avoir un modèle de rigueur et droiture ...

  • une société qui est incapable donner un avenir à sa jeunesse, pire, qui a peur d'une partie d'entre elle, parce qu'à force d'avoir été bafouée, méprisée, exclue des beaux quartier comme des rêves, celle-ci se révolte, est une société qui n'a pas d'avenir.

    ton cri de colère est tout à fait compréhensible.

  • Céleste

    J'entends le leur ....

  • Un billet sur mon blog...
    Explication en chanson...

  • odm

    Ah, te voilà ! ;-))

  • mail....mail....mel...

  • Sur le fond de ton billet et après avoir entendu le clown de l'élysée, je dois dire qu'il se fout du monde.

  • Zodiac

    Il aime rire, il est joueur... ;-))

  • C'est la fonction d'un clown que de se foutre du monde, à travers lui-même. Il n'est autre que le portrait du monde tel qu'il est mais ne se voit pas lui-même. Le monde se veut rationnel. C'est l'image qu'il aimerait donner de lui. Sous son masque, le clown le révèle. L'écart est tellement grand que le monde ne s'est toujours pas rendu compte qu'il riait de lui-même aux pitreries du clown, qui ne fait que mimer l'embarras de chacun vis-à-vis de ce gros morceau informe et insaisissable qu'on appelle la vie. Alors à défaut de savoir comment l'empoigner, on rigole de bon coeur de nos mésaventures.

    Et la terre tourne. Et le monde rigole en regardant et il ne sait pas que c'est son portrait pas le moins du monde retouché.

    Le clown de l'Elysée est à l'image de notre société. Il lui renvoie ses contradictions. Ses grands mots et la bassesse de ses désirs et la mesquinerie de ses actes. Et on applaudit aux pitreries. Encore, encore. Les yeux embrumés, on ne voit pas bien ce qu'il fait. Il en profite pour faire ses (mauvais) tours.

  • En 1968, on disait: "La chienlit, c'est lui".
    A partir de 2007, on dira: "La voyoucratie, c'est eux"

  • Pétition pour une nouvelle donne à gauche ici : http://nouvellegauche.fr/

  • Ecrit par : off | dimanche, 02 décembre 2007 22:24

    Vraiment j'apprécie vos commentaires...(Je ne vous le dirai jamais assez, Les bravos sont pour vous)

    mc

    Des mots pour qualifier et marquer les esprits, ça laisse penser que le "problème" est cerné...

  • off

    J'irai voir cette nouvelle...

  • "Des mots pour qualifier et marquer les esprits, ça laisse penser que le "problème" est cerné...":

    Je ne sais pas si j'interprète correctement ta remarque, tu penses que dire "La voyoucratie c'est eux" est à la fois facile et trompeur? Tu n'as pas tort, un slogan n'a jamais rien prouvé et ne remplace pas l'analyse.

    J'ai quand même envie de développer l'intérêt de ce genre de formulation.

    D'abord, le plaisir partagé, qui a joué un grand rôle en mai 68, époque fertile en phrases choc. D'un côté, d'interminables discours soporifiques en diable (beaucoup d'entre nous étaient très doués pour ça), de l'autre, ces petites formules malicieuses, souvent avec des dessins tout aussi malicieux.

    Ensuite, quelque chose de facile à mémoriser et à faire circuler. Ca n'empêche pas de plus amples développements, soit avant, soit après, au contraire. La phrase choc sert d'amorce ou de conclusion, dans tous les cas elle renforce la réflexion.

    Et même seule, la formule garde son potentiel, on la garde en mémoire, elle ne dévoilera ses charmes que plus tard.

  • mc

    Intéressante ton analyse.

    D'un côté, il y a effectivement la communication politique qui englobe, généralise, marque les esprits à dessein. Elle évacue toute réflexion. Elle cerne le problème et assène sa réponse unique.

    Pas de slogan du côté des "agitateurs", des actes. Pas des étudiants, une jeunesse laissée à l'abandon et qui rend coup pour coup à la moindre suspicion d'injustice.

    De l'autre, pour l'exemple de mai 68, les slogans ont marqué les esprits, leur époque et renforcaient les actes de rebellion. Des étudiants, une révolte intellectualisée, une volonté celle de choisir dans quelle société vivre.

    La nuance, la phrase choc est maintenant utilisée par "le politique".
    La révolte est maintenant dans l'action "choc", pas de phrase, pas de slogan, pas de revendication clairement énoncée. Des images.

  • Des images.

    Ecrit par : agathe | lundi, 03 décembre 2007 17:15


    Des images, mais pas de visages. Ce sont des ombres rageuses qui ont tiré sur les poulets, eux-mêmes armés jusqu'aux dents (ben oui, le temps où les poules auront des dents est arrivé). Quelques descriptions de la vie avant l''émeute' livrent un quotidien fait de contrôles d'identité vexatoires, de sentiment d'être parqué dans les cités et surveillés. Et depuis lors, les hélicos, les projos scrutant les fenêtres des immeubles, le millier de gros bras de CRS dans les rues, c'est un peu la division Das Reich qui campe en territoire occupé. en tous cas c'est ce que l'on peut s'imaginer que les gens de ce coin vivent, coincés entre des sentiments divers : le désir de vivre en paix, et donc du retour à la normale, mais également sans doute le souhait de laisser tout ça derrière soi, et donc l'impatience que les flics s'en aillent.

  • off

    J'ai "entendu" hier un de ces jeunes "contrôlé en permanence" dire :

    "Si c'est un accident, ça arrive, ce que l'on ne veut pas c'est qu'ILS mentent, qu'ILS se foutent de notre gueule".

    Je connais bien leur vie tout en étant extérieure, les plus belles intelligences, je les ai croisées là. Je crois sincèrement que supporter ce qu'ils vivent pour la plupart d'exclusion (un de mes amis a créé la première sté de recrutement, il y a 20 ans, pour placer les jeunes originaires de tout le continent africain dans les sociétés, il y avait un vrai terreau de jeunes diplômés et encore aujourd'hui, ce type démarchait et introduisait) professionnelle, et aussi toutes les autres formes de racisme jusqu'à l'habitat discriminé "zone".
    J'ai vu des policiers à l'oeuvre dans ces quartiers, je les ai entendu, et comme parfois j'assistais et que je me permettais de mettre mon grain de sel, je vous laisse deviner la suite.
    Mon témoignage ne corrobore pas celui d'Eric Zemmour ... :-))

  • Nik les keufs...
    Non je deconne......

  • odm

    Sacrifiez le poulet de batterie !!!! (Que du bio) !!! ;-)))

  • bien le texte....

  • Skalpa

    Merci. ;-)

  • What's new Pussycat ?

    Quel silence sur le DEL depuis votre départ....Celui de Laflote aussi. Et Nef qui semble avoir sombré corps et biens... Un blog transformé en radeau de la méduse

  • Off

    Le travail, hélàs, travailler plus pour gagner moins...Une mini-hibernation pour ma part liée à mon activité professionnelle. Je prends toujours le temps de vous lire, ce que j'ai fait en rentrant. Merci de penser à moi, cela me touche ;-)

  • ben, c'est naturel. N'êtes-vous pas @gatheyoubabe ? ;)

    Mais, la réalité est un peu moins morose que celle décrite dans mon mot. Nef a refait surface sur le DEL. Reste laflote et vous-même. Mais heureusement, vous avez vos blogs respectifs que je visite journellement. Ainsi le contact demeure.

  • Ecrit par : agathe | lundi, 10 décembre 2007 20:42

    De toutes façons @gathe, tu me dois une soirée (valdo est rentrée avec beaucoup de flegme britannique (pur malt) à trois heures du mat);-))))

  • nef

    Euh, j'avais un mot d'excuses... ;-)))

    Bien sûr Poulette ;-)

Les commentaires sont fermés.

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